Twenty Years Mum

Archive for octobre 2013

Ce qu’il y a de bien avec un blog, c’est qu’on y trouve un certain anonymat. Sauf bien sûr pour les gens à qui vous avez donné de vous-même l’adresse, mais en général, c’est que vous leur faîtes confiance… Et cet anonymat vous permet de vous livrer, et de vous séparer de ce qui vous pèse et que vous ne pouvez pas exprimer au grand jour. Cet article va être triste et douloureux. Vous êtes prévenus.ImageJe pense pas être devenue maman. Je l’étais, au fond de moi, depuis toujours, depuis toute petite. J’ai toujours su et dit que ça arriverai tôt, que je n’attendrais pas 30 ans pour avoir mon premier enfant, que je l’allaiterai, et que ce serait le mien, à moi. Et effectivement. Ourson est arrivé quelques temps avant mes vingts ans, il a trouvé le sein directement, et il n’a été qu’à moi pendant 18 bon mois. On a partagé nos craintes, nos joies, nos nuits, nos éclats de rire, et surtout notre amour sans faille. Je l’ai regardé grandir, changer, s’ouvrir au monde, découvrir la marche, la parole, la propreté, et plus récemment l’école… Ma fierté.

Nous étions deux, seuls face au monde. Maman Ourse protégeait son petit contre vents et marées. Elle n’avait besoin de personne. Elle était forte, elle était fière, elle était grande. Et même si parfois la vie était difficile, elle faisait face. Parce que rien ne doit jamais l’atteindre, Lui, la perfection, la merveille de son monde, la prunelle de ses yeux. On a fait notre chemin, on a tracé notre route. Et puis Il est entré dans notre vie.

Je savais qu’un jour je voudrais donner des frères et soeurs à mon Ourson. Mais grâce à Lui, j’ai su avec qui. Aussi Papa Ours que je suis Maman Ourse, prévenant, protecteur, le papa idéal, le papa parfait. A la fois mon ami, mon amant, et mon amour. Une évidence.

Aussi, lorsque nous avons appris ma grossesse en mars, même si la question s’est posée sur ce que nous devions faire, je n’imaginais pas passer à côté de ce bonheur. On l’aimait déjà, on l’imaginait, on se projetait. Une première échographie, un petit coeur qui bat, une annonce, un ventre qui gonfle tranquillement… L’Ourse couve, avec amour, se préparant à recevoir sa seconde merveille. Et puis soudain le choc. Une deuxième échographie, et j’apprend que je porte la mort, et plus la vie. Le petit coeur qui battait si vite, si fort, accordé sur le mien, s’est arrêté. La peine est grande, et les larmes acides. Mais je relativise, on me dit qu’une fausse couche, c’est plus fréquent que ce qu’on ne croit. Une grossesse sur deux, ou sur trois. Que je suis encore jeune, y’a pas de raison pour que ça ne marche pas… Mais évidemment, la peine est là, immense, et jamais je n’oublierai que le 3 décembre devait être une joie, et qu’au final, le 9 mai m’avait détruite.

Quelques mois passent, et nous décidons de retenter. Jusque là je n’ai pas eu de problème à tomber enceinte. 1 mois pour l’Ourson, 1 mois pour ma Luciole (qui était un accident conscient comme l’appelle ma Maman)… Mais la troisième fois, le premier mois ne prend pas, et nous décidons de ne pas remettre ça. Enfin, la nature décidera, et au final voilà que fin août nous apprenons que la vie semble nous sourire à nouveau. Un début de grossesse fort en nausées, telles que je n’en ai jamais eues, une fatigue intense. Tout semble réuni pour me conforter. La première échographie est forte en émotion, ce petit coeur qui bat à nouveau, sa petite forme qui se dessine… Nous sortons de là le coeur léger. Tout va bien… Les symptômes restent présents, le ventre s’arrondit, l’espoir renaît. Et pourtant. A nouveau la foudre frappe au même endroit. A nouveau, notre petit être s’envole. Et à nouveau la même explication : « C’est vraiment pas de chance ». Pas de chance…

L’Espoir m’a quittée. Encore une fois. Et je me sens vide… La confiance en mon corps disparaît. Je l’aimais déjà pas ce corps, à cause de son physique, à cause du mal qu’il me fait. J’ai essayé de m’en débarrasser, j’ai essayé de le changer, mais à chaque fois il revient, et à chaque fois il m’assassine un peu plus. Voilà que lorsque je me sentais aimée malgré ses rondeurs, ses courbes que je déteste, il me poignarde. Ses courbes, je ne les ai jamais appréciées que lorsqu’elles renfermaient mes trésors. Et il me les enlève. Deux fois. De suite. En six mois. Pourquoi ? J’ai mal au coeur, j’ai mal au corps, j’ai mal en moi. Et pourtant, je n’en parle pas.

*J’ai pris le parti de supprimer ce passage. J’ai blessé involontairement quelqu’un que j’aime à la folie, et je ne veux pas que cela se reproduise.*

En attendant, je souffre. Je me tais, je baisse la tête, et j’affronte la tempête en silence. Parce que pour mon Ourson, j’ai toujours été fière, et forte. Et que pour lui, je n’ai pas le droit de tomber. Je suis une guerrière, et j’ai juré de protéger notre royaume même si à l’heure d’aujourd’hui, je rêve d’en lacérer les remparts avec mes ongles.

Je ne sais pas si je veux me projeter encore une fois dans une grossesse. Je suis dans un état d’esprit qui me fait dire que de toute façon, ce sera un nouvel échec. Ça ne peut pas marcher. Mais en même temps, cela nous permettrait d’avoir des réponses, de pouvoir faire des examens. Dois-je aller au devant d’une nouvelle souffrance pour avancer ? Est ce que c’est une nouvelle épreuve sur mon parcours initiatique ? Je ne sais pas. Et je ne sais pas encore si j’ai envie de le découvrir.

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